Holà !
Cette semaine, je te propose une expérimentation : 7 jours sans alcool. Pas pour te punir, pas pour « détoxifier » ton corps (spoiler : ton foie s’en charge très bien tout seul), mais pour observer ce qui se passe vraiment dans ton corps quand tu mets pause sur l’apéro du vendredi, le verre de vin au resto, la coupe de champagne pour célébrer.
Parce qu’en fait, l’alcool est tellement ancré dans nos habitudes sociales qu’on ne se pose même plus la question. Un peu comme si c’était le ticket d’entrée obligatoire pour passer un bon moment. Sauf que ton corps, lui, il a peut-être deux-trois trucs à te dire si tu lui laisses l’occasion de s’exprimer.
Alors pendant 7 jours, on enlève l’alcool de l’équation. On observe. On écoute. Et après, tu décides ce que tu veux en faire.
Prête ? C’est parti.
Pourquoi tester 7 jours sans alcool ?
Déjà, soyons claires : le mieux, c’est l’abstinence totale. Point. Les recommandations scientifiques sont formelles là-dessus : il n’existe pas de « seuil safe » de consommation d’alcool. Même un verre occasionnel a un impact sur ton organisme.
Mais bon, on vit dans le monde réel. Pas dans un labo aseptisé. Et dans ce monde réel, l’alcool est partout. Un apéro après le boulot, un verre de vin au restaurant, une bière en terrasse… C’est devenu tellement normal qu’on ne questionne même plus.
Le but de cette expérimentation ? Te donner l’occasion de prendre du recul.
Pas pour te culpabiliser si tu bois de temps en temps. Mais pour que tu puisses observer, concrètement, ce qui se passe dans ton corps quand tu arrêtes. Parce que parfois, on ne réalise l’impact de quelque chose que quand on l’enlève.
Tu vas peut-être découvrir que :
- Ce verre de vin du soir, c’était plus une habitude qu’un vrai plaisir
- Ton sommeil était pourri sans que tu fasses le lien avec ta conso
- Tes douleurs chroniques (si tu vis avec de l’endométriose, du SOPK, de la fibromyalgie) étaient amplifiées par l’alcool
- Tu peux passer une super soirée sans alcool, en fait
Et après ces 7 jours ? Tu prolonges si ça te fait du bien. Un mois, six mois, un an… Ou tu gardes l’alcool pour les vraies occasions (anniversaires, fêtes) au lieu de la routine hebdomadaire. Un verre occasionnel, c’est déjà un grand pas comparé à une consommation régulière.
L’idée, c’est de reprendre le contrôle. De choisir consciemment plutôt que de suivre le mouvement sans réfléchir.
Ce que dit vraiment la science
Bon, on va pas se mentir : la plupart des études portent sur un mois d’abstinence (type Dry January), pas spécifiquement sur 7 jours. Mais les premières améliorations apparaissent déjà dans les premières semaines, donc on peut anticiper ce qui se passe sur une semaine.
Sur le plan biologique, une étude chez des personnes qui buvaient modérément à beaucoup (plus de 6-8 verres par semaine) et qui ont arrêté pendant un mois a montré des résultats assez dingues :
- Baisse de la résistance à l’insuline de 26 % (meilleur contrôle de la glycémie)
- Diminution de la pression artérielle de 6-7 %
- Perte de poids moyenne de 1,5 %
- Forte baisse de facteurs de croissance liés au cancer
Et devine quoi ? Chez le groupe qui a continué à boire, aucune de ces améliorations n’a été observée.
Sur le plan subjectif, les gens qui participent à ces campagnes d’abstinence rapportent très souvent :
- Un meilleur sommeil et plus d’énergie
- Une meilleure concentration et performance au travail
- Une amélioration du bien-être psychologique
Même ceux qui n’arrivent pas à tenir le mois complet déclarent des bénéfices. Ça veut dire qu’une semaine, c’est déjà suffisant pour ressentir quelque chose.
Et l’après ? Les données sont rassurantes : les gens qui font ce genre d’expérimentation boivent généralement moins après, même à 6 mois de distance. Ils boivent moins souvent, moins de verres par occasion, et se saoulent moins. Et non, il n’y a pas de « rebond » massif où tout le monde se jette sur la bouteille dès que c’est fini.
Pourquoi ? Parce que l’expérimentation leur a permis de tester des soirées, des émotions, des moments de détente… sans alcool. Et de réaliser que c’était possible. Ça renforce la confiance en soi et ça change durablement la relation à l’alcool.
Les effets concrets que tu vas observer
Alors concrètement, qu’est-ce qui va se passer dans ton corps pendant ces 7 jours ? Voilà ce que tu peux t’attendre à ressentir (ou pas, chaque corps réagit différemment).
Un sommeil qui se répare
L’alcool, c’est un peu le pote bourré qui te fait croire qu’il va t’aider à t’endormir, mais qui en fait te pourrit ta nuit.
Il donne l’impression de t’endormir plus vite (effet sédatif), mais en réalité, il réduit la qualité du sommeil profond. Résultat ? Tu te réveilles fatigué.e, avec la tête dans le brouillard, moins concentré.e, plus irritable.
En stoppant l’alcool pendant 7 jours, ton corps va enfin pouvoir enchaîner des cycles de sommeil complets et réparateurs. Tu vas peut-être mettre un peu plus de temps à t’endormir les premiers soirs (parce que ton corps était habitué à l’effet sédatif), mais ensuite : nuits plus apaisantes, réveils plus énergiques.
C’est particulièrement vrai si tu vis avec de la fibromyalgie ou de l’endométriose. Le sommeil non-réparateur amplifie les douleurs chroniques. Donc améliorer ton sommeil, c’est améliorer ta gestion de la douleur.
Une digestion qui souffle enfin
L’alcool, c’est un irritant de compétition pour ton système digestif. Il peut provoquer des brûlures d’estomac, des ballonnements, et même des inflammations du foie si tu consommes régulièrement.
Pendant 7 jours, ton système digestif va pouvoir souffler. Ton foie n’aura plus à gérer l’alcool en priorité, ce qui va libérer de l’énergie pour mieux assimiler les nutriments de ton alimentation.
Si tu as le syndrome de l’intestin irritable (fréquent chez les personnes avec endométriose ou SOPK), tu vas peut-être observer une diminution des ballonnements et de l’inconfort digestif.
Une peau qui respire
L’alcool déshydrate. Point. Il accentue les problèmes de peau : rougeurs, imperfections, teint terne, cernes qui campent sous tes yeux comme s’ils avaient signé un bail longue durée.
En stoppant ta consommation pendant une semaine, ta peau va retrouver de l’élasticité et de la luminosité. Évidemment, si tu as de l’acné hormonale liée au SOPK, ça ne va pas tout régler. Mais ça enlève un facteur aggravant.
Une énergie qui revient
Sans alcool, fini les coups de fatigue et les matinées au ralenti. Ton corps n’a plus besoin de lutter pour éliminer l’alcool, ce qui libère de l’énergie pour des trucs plus productifs (ou plus fun, selon tes priorités).
Si tu vis avec de la fatigue chronique liée à la fibromyalgie ou à l’endométriose, cette amélioration peut être vraiment notable. Ça ne va pas tout régler, mais ça enlève un poids supplémentaire à ton corps déjà fatigué.
Un impact sur ton poids (peut-être)
L’alcool, c’est des calories vides. Un verre de vin, une bière, un cocktail… ça peut apporter plusieurs centaines de calories sans aucun intérêt nutritionnel. Et souvent, l’alcool vient avec son cortège de grignotages : chips, fromage, cacahuètes…
En enlevant l’alcool pendant une semaine, tu vas peut-être observer une différence sur la balance. Ou pas. Et c’est pas grave. L’objectif, c’est pas de perdre du poids à tout prix, c’est d’observer ce qui se passe dans ton corps.
Une meilleure hydratation
L’alcool favorise la déshydratation, ce qui a un impact sur ton corps et ton cerveau. En stoppant l’alcool, ton organisme va mieux retenir l’eau, ce qui va améliorer ton niveau d’énergie, ta peau, et même ta concentration.
Concrètement ? Moins de maux de tête, moins de sensations de brouillard mental, une meilleure récupération physique.
Un esprit plus clair
L’alcool influence l’humeur, la concentration et la prise de décision. Même à faible dose. En prenant du recul pendant 7 jours, tu vas te sentir plus alerte et serein.e, avec une meilleure capacité à gérer tes émotions et le stress.
C’est particulièrement intéressant si tu vis avec de l’anxiété (fréquente avec le SOPK ou l’endométriose). Parfois, on boit pour « décompresser », mais en fait, l’alcool amplifie l’anxiété sur le long terme. Un vrai cercle vicieux.
Alcool et pathologies chroniques : les liens qu’on oublie
Si tu vis avec de l’endométriose, du SOPK, de la fibromyalgie ou n’importe quelle pathologie chronique, il y a deux points importants à aborder concernant l’alcool.
L’alcool aggrave l’inflammation
L’alcool est pro-inflammatoire. Ça veut dire qu’il augmente l’inflammation dans ton corps. Or, l’endométriose, le SOPK et la fibromyalgie sont des pathologies où l’inflammation joue un rôle central.
Boire régulièrement, c’est un peu comme jeter de l’essence sur un feu. Ça peut aggraver les douleurs, la fatigue, les symptômes digestifs…
En testant 7 jours sans alcool, tu vas pouvoir observer si tes symptômes s’améliorent. Spoiler : c’est souvent le cas. Pas de manière miraculeuse, hein. Mais suffisamment pour que ça vaille le coup.
Les interactions médicamenteuses
Si tu es sous traitement (pilule, anti-inflammatoires, antalgiques, traitements hormonaux…), l’alcool peut interagir avec tes médicaments. Soit en réduisant leur efficacité, soit en augmentant leurs effets secondaires.
C’est ton médecin qui fixe les limites concernant l’alcool et tes traitements. Mais en consultation, on peut discuter ensemble des alternatives, de la gestion de la dimension sociale de l’alcool, et de comment naviguer entre tes envies et tes besoins de santé.
Important : il faut distinguer consommation régulière et addiction. Si tu bois par habitude (apéro du vendredi, verre de vin le soir), on peut travailler ensemble sur des stratégies pour réduire ou arrêter. Par contre, si tu sens une vraie dépendance (besoin impérieux de boire, impossibilité de t’arrêter, symptômes de sevrage, consommation qui impacte ta vie quotidienne), c’est de l’alcoolisme pathologique et ça nécessite un accompagnement spécialisé en addictologie. Je peux alors te réorienter vers un.e professionnel.le formé.e pour ça. Aucune honte. C’est juste prendre soin de toi avec les bonnes ressources.
Comment réussir tes 7 jours sans alcool ?
Bon, maintenant qu’on a posé le cadre, comment tu fais concrètement pour tenir 7 jours sans craquer ?
Remplace l’alcool par des alternatives savoureuses
Boire, c’est souvent un rituel social. Un moment de détente, de partage. Pour éviter la sensation de manque (ou de frustration), prévois des alternatives qui te font vraiment plaisir :
Eaux aromatisées maison : Eau plate ou gazeuse avec du citron, de la menthe, des fruits rouges, du concombre, du gingembre… Fais-toi plaisir avec des combinaisons gourmandes.
Mocktails : Jus de fruits frais, tisanes glacées, ginger beer sans alcool, sirop maison… Il y a des tonnes de recettes en ligne pour des boissons sophistiquées et festives.
Kombucha ou kéfir : Excellentes alternatives fermentées, bonnes pour ton microbiote et avec un petit côté pétillant qui fait plaisir.
Thés glacés maison : Infusés avec des agrumes, du gingembre, de la cannelle, du miel… C’est réconfortant et ça change de l’eau plate.
L’idée, c’est pas de te priver de moments plaisir. C’est de les vivre différemment.
Évite les situations trop tentantes (au début)
Si tu sais que certaines situations vont te donner envie de boire, essaie d’adapter ton environnement pendant ces 7 jours.
Privilégie des activités différentes : balade, ciné, sport, jeux de société, escape game, atelier créatif… Teste des trucs qui ne tournent pas autour de l’alcool.
Si tu sors, choisis un bar qui propose des alternatives sans alcool. Ou propose carrément un apéro 100 % sans alcool chez toi pour initier tes ami.es à l’expérimentation.
Une fois que tu auras testé plusieurs façons de célébrer, de te détendre, de passer du bon temps sans alcool, ça deviendra plus naturel d’opter pour l’alternative sans alcool.
Informe ton entourage
Parler de ton expérimentation peut t’aider à tenir le cap. Tes proches pourront te soutenir et, qui sait, certain.es voudront peut-être se joindre à toi.
Ça évite aussi les remarques du type « Allez, juste un verre ! » ou « Tu nous fais un régime ou quoi ? ». Si tu annonces clairement que tu testes 7 jours sans alcool pour observer ce qui se passe dans ton corps, la plupart des gens vont respecter ça.
Et si quelqu’un insiste lourdement ? C’est son problème, pas le tien. Tu n’as pas à te justifier.
Observe ce qui se passe jour après jour
Tiens un petit journal (sur ton téléphone, dans un carnet, peu importe) pour noter comment tu te sens chaque jour :
- Qualité de sommeil
- Niveau d’énergie
- Humeur
- Douleurs (si tu vis avec une patho chronique)
- Digestion
- Envies d’alcool (ou pas)
Ça te permet de voir rapidement les changements positifs, ce qui booste ta motivation. Et ça te donne aussi des infos précieuses sur ta relation à l’alcool.
Fixe-toi une intention (pas une punition)
L’expérimentation, c’est pas une punition. C’est une exploration. Alors plutôt que de te dire « Je DOIS tenir 7 jours », dis-toi « Je VEUX voir ce qui se passe si j’arrête 7 jours ».
Nuance subtile, impact énorme sur ton état d’esprit.
Et si tu craques au bout de 3 jours ? Pas de culpabilité. Tu recommences. L’important, c’est d’essayer et d’observer. Pas d’être parfaite.
Après les 7 jours : et maintenant ?
Tu as tenu 7 jours ? Ou 3 ? Ou 2 ?
Peu importe. L’important, c’est ce que tu en tires.
Pose-toi ces questions :
- As-tu ressenti une différence sur ton sommeil, ton humeur, ta digestion, tes douleurs ?
- L’alcool t’a vraiment manqué, ou c’était surtout une habitude ?
- Dans quelles situations avais-tu le plus envie de boire ? (stress, ennui, moment social, fatigue…)
- Peux-tu envisager de prolonger l’expérience ? Un mois, six mois, un an ?
- Ou de garder l’alcool pour les vraies occasions seulement ?
Mon conseil ? Si tu as ressenti des bénéfices, prolonge. Le mieux, c’est l’abstinence totale. Si c’est trop difficile ou pas réaliste pour toi actuellement, vise la consommation occasionnelle : un verre aux anniversaires, aux fêtes, aux moments vraiment spéciaux.
Passer d’une consommation hebdomadaire à une consommation occasionnelle, c’est déjà un immense changement pour ton corps.
Et si c’est difficile ? En consultation, on peut travailler ensemble sur :
- Les alternatives concrètes dans ton quotidien
- La gestion de la pression sociale
- Les émotions que tu gères avec l’alcool (et comment les gérer autrement)
- Tes motivations profondes (santé, énergie, pathologie chronique…)
Attention à bien distinguer consommation régulière et addiction. Si tu as juste pris l’habitude de boire (routine sociale, détente du soir), on peut travailler ensemble sur des stratégies pour changer ça. Mais si tu sens une vraie dépendance (besoin urgent de boire, incapacité à arrêter même quand tu le veux, symptômes quand tu ne bois pas, impact sur ta vie), c’est de l’alcoolisme pathologique et ça nécessite un accompagnement spécialisé. Je peux te réorienter vers un.e professionnel.le formé.e en addictologie. C’est pas un échec. C’est prendre soin de toi avec les bonnes ressources.
À RETENIR
- Le mieux, c’est l’abstinence totale. Le moins, c’est le mieux.
- 7 jours sans alcool, c’est suffisant pour observer des changements concrets : meilleur sommeil, plus d’énergie, moins d’inflammation.
- Si tu vis avec une pathologie chronique (endométriose, SOPK, fibromyalgie), l’alcool peut aggraver tes symptômes.
- Prolonger l’expérimentation (1 mois, plus) maximise les bénéfices. Un verre occasionnel, c’est déjà un grand pas.
- Si c’est difficile, pas de culpabilité : réorientation vers un.e pro formé.e en addictologie.
Prendre conscience de l’impact de l’alcool sur ton corps, c’est déjà un grand pas vers une meilleure santé. Et tester 7 jours sans, c’est te donner l’opportunité de réécrire ta relation à l’alcool. En toute conscience. Sans injonction. Juste avec curiosité et bienveillance envers toi-même.
Alors, tu tentes l’expérience ?
Raconte-moi tout sur Instagram ou prends rendez-vous si tu veux qu’on en discute ensemble en consultation.
Besitos,
Alexandra Baron
Diététicienne-nutritionniste
Accompagnement pathologies chroniques féminines & oncologie
Pérols et Montpellier | Cabinet, visio & domicile
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Sources scientifiques
de Ternay J. et al. (2022). « One-month alcohol abstinence national campaigns: a scoping review of the harm reduction benefits. » Harm Reduction Journal
Mehta G. et al. (2018). « Short-term abstinence from alcohol and changes in cardiovascular risk factors, liver function tests and cancer-related growth factors: a prospective observational study. » BMJ Open
de Visser R.D. et al. (2016). « Voluntary temporary abstinence from alcohol during « Dry January » and subsequent alcohol use. » Health Psychology
de Visser R.D. et al. (2020). « Temporary abstinence during Dry January: predictors of success; impact on well-being and self-efficacy. » Psychology & Health
Conroy D. et al. (2025). « Wide-Ranging Responses to Temporary Abstinence Challenges Among UK-Based Heavier Drinkers: A Three-Wave Longitudinal Interpretative Phenomenological Analysis. » Qualitative Health Research
Butters A. et al. (2023). « Temporary abstinence challenges: What do we need to know? » Drug and Alcohol Review
