Aliment à éviter quand ton enfant est TDAH : les astuces qui changent tout

Holà toi !

Si ton enfant vit avec un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), tu as sûrement déjà entendu TOUT et son contraire sur l’alimentation.

Supprime le gluten. Arrête le sucre. Les colorants rendent fou. Le lait c’est le diable.

Entre les conseils contradictoires sur les forums, l’énergie débordante de ton enfant, ses difficultés de concentration et les émotions qui partent dans tous les sens, tu te demandes peut-être ce qui relève de la science et ce qui relève du mytho total.

Alors autant te le dire cash : il n’existe pas de régime miracle TDAH. Point.

MAIS (et c’est un gros mais), la recherche montre qu’un schéma alimentaire globalement sain peut vraiment aider à mieux gérer les symptômes. Et certains aliments semblent, chez certains enfants, aggraver les choses.

Spoiler : je ne vais pas te donner une liste d’aliments interdits à scotcher sur ton frigo. Je vais plutôt t’expliquer ce que dit la science, ce qui peut se tester en consultation avec un.e pro, et surtout te donner des pistes concrètes sans te pourrir la vie.

Prêt.e ? C’est parti.

Ce que la science dit vraiment (sans bullshit)

Plusieurs méta-analyses récentes sont formelles : les enfants qui mangent plutôt « sain » (fruits, légumes, légumineuses, poisson, céréales complètes) ont environ 35 à 40 % moins de risque de TDAH ou de symptômes marqués.

À l’inverse, une alimentation riche en aliments ultra-transformés (plats industriels, fast-food, charcuteries, viennoiseries, snacks, fritures) augmente le risque et la sévérité des symptômes. On parle d’un risque 1,4 à 1,9 fois plus élevé.

En gros : un fond d’assiette globalement sain protège, un fond d’assiette ultra-transformé aggrave.

Maintenant, est-ce que ça veut dire que tu dois tout bannir et cuisiner 100 % maison avec des légumes bio cultivés sous la pleine lune ? Non.

Est-ce que ça veut dire qu’ajuster l’alimentation peut être un levier complémentaire aux traitements validés (médicaments, psycho-éducation, TCC) ? Oui, carrément.

Les aliments à limiter (et pourquoi ça compte)

Les ultra-transformés bourrés d’additifs : le vrai bazar

Les colorants et conservateurs artificiels, c’est pas juste une lubie de parents parano. Les méta-analyses montrent un effet modeste mais réel sur l’hyperactivité chez certains enfants.

Les plus problématiques :

Colorants :

  • E102 (Tartrazine) : jaune vif dans les sodas, bonbons, sauces
  • E110 (Jaune orangé S) : chips, soupes en sachet
  • E122 (Azorubine) : desserts gélifiés, boissons
  • E124 (Rouge cochenille A) : charcuteries, confitures, sodas

Conservateurs :

  • E211 (Benzoate de sodium) : sodas, jus industriels, sauces
  • E220 (Dioxyde de soufre) : fruits secs, confitures, jus

Attention, les industriels ont compris que les gens flippent devant les codes E, alors maintenant ils mettent le nom complet de l’additif. Donc « tartrazine » au lieu de « E102 ». Pas de E ne veut pas dire pas d’additif.

Concrètement ? Limite les produits ultra-transformés. En fait, c’est pas tant une question de traquer chaque E-machin, c’est surtout : moins de trucs qui viennent d’une usine, plus de trucs qui ressemblent à de la vraie bouffe.

Le sucre : pas le diable, mais pas ton allié non plus

Petit rappel avant que tu culpabilises : le sucre ne CAUSE PAS le TDAH.

Par contre, les régimes très riches en sucres rapides (bonbons, sodas, pâtisseries industrielles, céréales sucrées du petit-déj) sont associés à plus de symptômes et de comportements perturbateurs.

Pourquoi ? Parce que ça crée des montagnes russes glycémiques : pic d’énergie, puis chute brutale. Résultat : irritabilité, difficultés de concentration, agitation.

Où se planquent les sucres ?

  • Céréales du petit-déjeuner (même celles avec un koala mignon sur la boîte)
  • Viennoiseries
  • Yaourts aromatisés
  • Jus de fruits industriels et boissons « pour enfants »

Les alternatives qui tiennent la route :

  • Fruits frais ou secs (qui apportent aussi des fibres)
  • Flocons d’avoine, compotes sans sucre ajouté
  • Muffins maison à la banane (le sucre naturel du fruit fait le taf)
  • Oléagineux (amandes, noix, noisettes)

L’idée c’est pas de diaboliser le sucre, c’est d’éviter les pics et les crashes qui rendent tout le monde dingue.

Les graisses : toutes ne se valent pas

Les acides gras saturés, quand ils sont en excès dans les produits ultra-transformés, perturbent les fonctions cognitives : attention, mémoire, contrôle des émotions.

Où les trouve-t-on en masse ?

  • Fast-food, fritures
  • Charcuteries grasses
  • Biscuits et pâtisseries industrielles
  • Chips, snacks salés

Les matières grasses qui carburent mieux pour le cerveau :

  • Huile d’olive, colza, lin
  • Poissons gras (saumon, sardines, maquereau) 1 à 2 fois par semaine
  • Avocat, noix, graines de chia ou chanvre

En fait, c’est moins « supprime les matières grasses » et plus « choisis les bonnes ». Le cerveau de ton enfant a BESOIN de gras, mais du gras de qualité.

La caféine : l’excitant qu’on oublie

Beaucoup d’enfants consomment de la caféine sans qu’on s’en rende compte : sodas, thés glacés, chocolats industriels (surtout ceux à teneur élevée en cacao).

Pour un enfant en développement, ça peut provoquer anxiété, sommeil pourri, et concentration dans les chaussettes.

Les alternatives réconfortantes :

  • Eau infusée (citron, fraise, menthe)
  • Tisane fruitée
  • Chocolat chaud décaféiné

Obvio, c’est pas la fin du monde si ton gamin boit un chocolat chaud de temps en temps, mais si tu remarques qu’il dort mal ou qu’il est sur les nerfs, jette un œil à sa conso de caféine.

Le cas gluten et produits laitiers : faut-il les virer ?

Là, on arrive sur le terrain miné.

Tu as peut-être lu qu’il FAUT supprimer le gluten et les produits laitiers quand un enfant a un TDAH. Ou au contraire que c’est du grand n’importe quoi.

La vérité ? C’est entre les deux.

Les données scientifiques montrent que :

  • Les régimes d’élimination (type « few-foods » = quelques aliments neutres, puis réintroduction progressive) peuvent aider une minorité d’enfants, dans des protocoles très encadrés.
  • Un régime sans gluten peut améliorer les symptômes chez certains enfants, même sans maladie cœliaque diagnostiquée.
  • Idem pour la caséine (protéine du lait).

MAIS : ces approches fonctionnent pour une minorité d’enfants, et elles exposent aux carences si elles sont faites n’importe comment.

Concrètement, ça veut dire quoi ?

Si tu suspectes que ton enfant réagit mal au gluten ou aux produits laitiers (troubles digestifs, eczéma, symptômes TDAH qui empirent après certains repas), n’essaie pas de gérer ça seul.e.

En consultation avec un.e diététicien.ne (coucou 👋), on peut mettre en place un protocole d’élimination-réintroduction encadré, sur quelques semaines, pour observer si ça change quelque chose. Et surtout, on s’assure que ton enfant ne se retrouve pas carencé.

Mais partir en mode « j’arrête tout gluten et tout lait parce qu’Internet a dit » ? Merci mais non merci. C’est le meilleur moyen de galérer pour rien et de créer des carences.

Les micronutriments : les alliés discrets mais puissants

Les recherches montrent que chez les enfants TDAH, on retrouve souvent de faibles apports ou taux sanguins de : oméga-3, fer, zinc, magnésium, vitamine D.

Magnésium : le minéral apaisant

Il favorise le sommeil, calme les nerfs.

Où le trouver ?

  • Amandes, bananes, cacao pur
  • Graines de courge
  • Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots)

Fer : l’oxygène pour le cerveau

Indispensable à la production de dopamine et de noradrénaline (les neurotransmetteurs qui jouent un rôle clé dans l’attention).

Où le trouver ?

  • Lentilles, viande rouge maigre
  • Tofu, œufs
  • Quinoa

Zinc : régulation de l’impulsivité

Essentiel à la synthèse de dopamine et à la régulation du comportement.

Où le trouver ?

  • Graines de courge
  • Pois chiches, viande blanche
  • Pain complet

Et les compléments alimentaires alors ?

La supplémentation peut aider quand il existe une carence documentée (via prise de sang), surtout pour la vitamine D, le magnésium et certains oméga-3.

MAIS les sociétés savantes ne recommandent pas ces compléments pour tous les enfants TDAH. Les résultats sont hétérogènes.

Bref : discute avec un.e pro de santé (médecin, diététicien.ne, pharmacien.ne) avant de filer des compléments à ton enfant. Pas avec le vendeur de la boutique bio qui te promet monts et merveilles.

En pratique : les astuces qui changent vraiment tout

Oublie la liste d’aliments interdits. Voilà ce que tu peux faire, concrètement, sans te prendre la tête.

1. Nettoie le fond de l’assiette (sans tout révolutionner)

Diminue fortement :

  • Sodas, jus sucrés, bonbons
  • Biscuits, snacks, fast-food
  • Charcuteries, plats tout préparés
  • Produits très colorés (bonbons fluo, glaces arc-en-ciel)

Augmente :

  • Fruits et légumes variés (objectif : 2 portions de fruits + 3 portions de légumes par jour)
  • Poisson gras 1 à 2 fois par semaine
  • Légumineuses et céréales complètes
  • Noix et graines (si pas d’allergie)

2. Cuisine avec ton enfant

Implique-le dans la préparation. Il sera plus enclin à goûter et à adopter les bonnes pratiques. Et en fait, c’est aussi un moment de qualité ensemble, loin des écrans.

3. Mets en place une routine alimentaire

Repas à heures fixes, goûter bien structuré. Les enfants TDAH kiffent la prévisibilité. Ça les rassure.

4. Garde des snacks sains sous la main

Toujours avoir en stock :

  • Muffins à la banane (maison, c’est 15 min chrono)
  • Bâtonnets de légumes + houmous
  • Smoothies verts (tu balances des épinards, personne ne voit rien)
  • Fruits secs et oléagineux

5. Mange en famille, tranquille

Repas à table, sans écran, dans le calme. Je sais, avec un enfant TDAH c’est pas toujours le zen absolu, mais l’intention compte.

6. Tiens un journal de bord

Note ce qui fonctionne, ce qui semble aggraver les symptômes, et partage ces observations avec un.e pro de santé. Ça peut aider à repérer des patterns.

Récap : ce qui marche vs ce qui reste flou

Ce que la science dit clairementSolidité des preuves
Régime sain (fruits, légumes, poisson, peu d’ultra-transformés) = moins de TDAH✅✅✅ Forte
Alimentation riche en aliments ultra-transformés = risque et sévérité augmentés✅✅✅ Forte
Régimes très restrictifs (sans gluten/lait, few-foods) = efficaces pour tous❌ Faible (bénéfices pour sous-groupes seulement)
Compléments (oméga-3, vitamines, minéraux) = traitement standard❌ Faible (effets modestes, recommandés seulement si carence prouvée)

Le mot de la fin

Tu n’as pas à transformer ta cuisine en labo de chimiste ni à bannir tous les plaisirs de ton enfant.

L’alimentation, c’est un levier complémentaire, pas une solution miracle qui va remplacer les traitements validés (médicaments, psycho-éducation, TCC).

Avance pas à pas. Observe. Adapte. Et surtout, ne te lance pas dans des évictions alimentaires ou des compléments sans en discuter avec un.e pro de santé (médecin, diététicien.ne, pharmacien.ne).

En consultation, on peut travailler ensemble sur un protocole personnalisé, adapté à ton enfant, à ses symptômes, à son histoire. Parce que chaque enfant est unique, et ce qui marche pour l’un ne marchera pas forcément pour l’autre.

L’alimentation peut devenir un vrai soutien pour aider ton enfant à mieux vivre avec son TDAH, tout en posant des bases saines pour son avenir. Et ça, ça vaut le coup.

Besitos,

Alexandra Baron | Diététicienne-nutritionniste | Accompagnement pathologies chroniques féminines & oncologie | Pérols et Montpellier | Cabinet, visio & domicile

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Sources scientifiques

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Publié par Sacha

Diététicienne-nutritionniste à Perols et Montpellier | Spécialisée en oncologie et santé féminine (endométriose, SOPK, fibromyalgie) | Approche anti-régime basée sur les preuves | Reconversion après burnout → meilleure décision ever 💪

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